Conseil écriture

Écrire une excellente fin de roman  : tomberez-vous dans le piège ?

Vous avez un projet de livre et vous vous demandez si la fin sera suffisamment puissante ? Consultez nos conseils pour écrire une excellente fin de roman.

Vous pouvez rater ce que vous voulez, mais pas la fin. J’adore ce sentiment de satisfaction au moment de refermer un livre. Une fin intense et un héros accompli surpassent la déception d’une histoire déjà terminée. Il m’arrive souvent de prendre un temps dans mon fauteuil, la main posée sur le livre, et de revivre les moments forts de l’histoire. Pourquoi certains ouvrages laissent-ils de si fortes impressions ? Alors que l’on cherche à captiver le lecteur avec des éléments inattendus tout au long du livre, la fin relie le tout et donne son sens à l’histoire… ou pas. Et c’est bien là le problème ! Mais pas de panique, aujourd’hui nous allons voir comment éviter les pièges et écrire une excellente fin de roman.

À quel moment clore une histoire ?

Nombreux sont les ouvrages qui laissent leur lecteur seul, avec des pages dans lesquelles plus rien ne se passe. Le phénomène est si connu que les écrivains lui ont donné le nom de ending fatigue. Le désir d’écrire librement nous pousse à prolonger l’ouvrage au-delà de l’histoire et le lecteur se lasse, voire s’agace. Il y a le sentiment qu’on lui vole son temps.

L’instant où les émotions sont les plus fortes constitue le meilleur moment pour conclure le livre. Autrement dit, les bons manuscrits se terminent juste après le climax. L’intrigue principale se résout dans un retournement de situation avant que le livre ne se referme.

Les chapitres de conclusion et les épilogues ne sont pas interdits. Au contraire, ils remettent les éléments en ordre, ils permettent d’apprécier l’évolution des personnages ou d’ouvrir les perspectives pour une suite (au moins dans l’imaginaire du lecteur). Cependant, la scène de conclusion a lieu rapidement et découle directement du climax. Cette partie du récit doit être impossible dans une histoire où le dénouement n’aurait pas eu lieu.

Le romancier attentif observe d’ailleurs un phénomène similaire au début de l’histoire. Les premières lignes du manuscrit doivent jouer un rôle capital dans la compréhension de l’intrigue du roman.

Comment amplifier les émotions du lecteur ?

Toute la subtilité d’une fin satisfaisante est de soigner l’émotion finale. Encore faut-il qu’il y ait des émotions. Cela suppose bien sûr que le lecteur puisse s’identifier au personnage. Mais l’impact émotionnel et le sens d’un livre proviennent avant tout des enjeux.

Une histoire décrit des protagonistes qui poursuivent des buts. Un personnage captivant se construit autour de deux principales problématiques liées entre elles :

  • L’enjeu externe : Il s’agit de l’objectif « officiel » du personnage. C’est un besoin de possession (il veut de l’argent, de l’amour…);
  • L’enjeu interne : Il décrit un besoin d’évolution. Le personnage ne comprend généralement pas cette problématique. Elle revêt la forme d’un secret à découvrir pour trouver une forme de paix intérieure.

Le conflit entre les objectifs internes et externes donne de la perspective au récit. Le talent d’écriture consiste précisément à concevoir des personnages réalistes quant aux enjeux. On conseille pour cela de commencer l’écriture des fiches de personnage avant de rédiger le plan détaillé de l’histoire.

L’intrigue romanesque elle-même possède un enjeu philosophique. Cette partie du récit constitue un miroir dans lequel le lecteur entrevoit une manière différente d’appréhender sa propre vie. Ce thème transparaît généralement sous la forme de protagonistes aux valeurs diamétralement opposées.

Comment résoudre les intrigues correctement ?

L’intrigue décrit la quête des personnages. La fin de l’histoire doit donc permettre de dire si, oui ou non, le héros a obtenu ce qu’il voulait, s’il s’est transcendé et finalement, quelle valeur morale l’emporte sur l’autre. Georges Duroy, dans Bel Ami, constitue un exemple pour lequel certains enjeux trouvent une conclusion positive et d’autres une négative. Si les aventures mènent le héros romanesque au rang convoité, elles valident l’usage de collusions que Maupassant dénonce et critique.

L’intrigue principale crée un impact final maximum lorsqu’elle se clôture après les intrigues secondaires. Cependant, un dénouement par étapes ne constitue pas la solution la plus percutante.

L’auteur le plus habile dénoue les trois enjeux simultanément et concentre la satisfaction du lecteur en un seul instant. Ce dernier profite à la fois de situations résolues, mais aussi d’une forme d’émerveillement devant un puzzle où tout s'emboîte naturellement.

Quels sont les pièges à éviter lorsqu’on écrit une fin de roman ?

1 - La fin prévisible

Bien sûr, pour le narrateur, toute la difficulté consiste à raconter l’histoire en évitant l’anticipation du spectateur. Mais c’est l’enjeu philosophique qui donne toute sa portée au livre. Moins l’enjeu philosophique est commun, moins la fin de l’aventure est prévisible.

Les affrontements du bien contre le mal sont trop simplistes. Votre univers doit mettre en scène des valeurs plus subtiles. Flaubert l’a bien compris et tire tellement partie de l'opposition entre plaisir et ennui avec Madame Bovary qu’il sera poursuivi pour outrage à la morale.

2 - La fin compliquée

La complexité provient généralement d’une tentative de lier des éléments de l’intrigue sans relation logique. Certaines techniques d’écriture suggèrent de relire les scènes en partant de la fin. Pour chaque scène on se demande alors « que s’est-il passé à la séquence précédente pour que les personnages en soient là ? ». Il n’y a plus qu’à s’assurer que le paragraphe précédent répond à la question.

3 - L’absence de point culminant

Le climax provient d’un relâchement brutal de la tension dramatique, d’un retournement soudain de situation. La structure du roman doit permettre de dénouer tous les enjeux simultanément alors que les perspectives étaient réduites.

Vous pouvez consulter notre article dédié au suspense pour faire monter graduellement la frustration avant de la relâcher.

4 - La saga

Une trilogie constitue un challenge supplémentaire. Ces romans en plusieurs parties vous demandent de terminer un tome sans désamorcer l’intérêt de vos lecteurs pour le suivant. Il s’agit alors de dénouer certains enjeux secondaires sans résoudre la problématique principale.

Le triomphe d’une valeur sur une autre constitue une bonne conclusion intermédiaire. Les enjeux philosophiques sont à la fois impactants et peuvent changer d’un tome à l’autre sans modifier le synopsis global. L’évolution des personnages principaux dans les séries de livres se révèle pour sa part plus complexe.

5 - La fin du roman fantastique

Les livres de fantasy ou de science-fiction présentent une difficulté particulière : les lois de l’univers donnent une grande liberté à l’écrivain, mais ne le dispensent pas d’être réaliste.

Alors que la narration cherche à susciter l’intérêt du lecteur grâce au mystère, au suspense, ou simplement à la tension, le chapitre final doit tout expliquer. C’est parfois à ce moment que les romanciers font appel à une solution aussi surnaturelle qu’improbable et ruinent les espoirs du lecteur.

Un univers de fiction répond à des règles. La conclusion doit s’appuyer sur des lois et des indices que le lecteur possédait depuis très longtemps, même s’il n’en comprenait pas toute la portée.

Comment écrire la fin de son roman ?

Écrire un roman intéressant ne suffit pas. Rien ne vaut cet instant d’admiration qui laisse le lecteur pensif à la fin d’un livre. Et pour créer ce sentiment, quelques astuces suffisent :

  • terminer l’histoire au bon moment;
  • mettre en œuvre les bons enjeux;
  • résoudre les intrigues dans le bon sens

Mais surtout, n’hésitez pas à parcourir notre liste des pièges à éviter, évidemment.

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