Conseil écriture

Comment créer du suspense dans un roman ?

Le suspense vous intrigue-t-il ? Quels leviers maintiennent le lecteur en haleine ? Découvrez nos conseils pour y parvenir.

Le lecteur reste captivé, accroché, il avale les pages de votre roman une à une. Difficile de reprendre sa respiration. Impossible de refermer le livre ou d’éteindre la lumière. Pour échapper à l’intrigue prenante et retrouver le sommeil, il n’y a désormais qu’une seule solution : poursuivre la lecture, ne surtout pas lâcher les lignes des yeux. Savant mélange entre questions, tensions et anticipation, le suspense retient le lecteur. Nous revenons sur les 4 leviers qui permettent de créer le suspense de votre livre.

Isoler votre personnage principal

L’isolation, physique ou morale, est un levier nécessaire à une bonne intrigue captivante.

Soigner un blessé, protéger les faibles, trouver un expert pour résoudre une énigme, le groupe est plus fort que l’individu. Mais seul, les possibilités pour surmonter les difficultés se réduisent dramatiquement. Pour un personnage isolé, la question se pose : comment s’en sortir ?

Parfois l’isolement est psychologique. David Vincent erre à travers les États unis pour dénoncer l’invasion extra-terrestre. Mais l’ennemi s’immisce déjà partout, David ne sait plus à qui parler. Et quand il parle, personne ne le croit.

Un endroit réduit peut créer l’isolement. À la solitude s’ajoute une angoisse quasi claustrophobe. Sans aide extérieure, sans matériel, et maintenant sans pouvoir se déplacer, le héros est pris au piège.

Isoler son personnage principal, c’est avant tout réduire sa marge de manœuvre. Il est coincé, son but ne tient plus qu’à un fil extrêmement mince. Faut-il se précipiter avant que tout ne s’effondre ou, au contraire, être précautionneux pour ne pas provoquer la chute ?

Les personnages, objets et espaces limités rendent le thriller psychologique complexe à rédiger. La contrepartie d’un travail soigné, c'est un texte particulièrement puissant où tous les rares éléments sont exploités jusqu’au bout. Toutes les pièces font partie d’un fantastique puzzle et elles s’emboîtent parfaitement.

Être transparent avec le lecteur

Réduire les marges de manœuvre est un ressort important pour construire le suspense d’un livre. Et pour que ça fonctionne, le lecteur doit comprendre que les issues disparaissent.

La victime du suspense est avant tout votre lecteur. Il doit en savoir plus que le détective privé. Il doit avoir démasqué le flic assassin, il a vu le cadavre caché sous le lit. Hitchcock nous montre la bombe sous la table quand, juste au-dessus, les innocents tranquilles n’entendent pas le tic tac haletant. Bref, quand le personnage vit tranquillement sa vie, le lecteur anticipe et appréhende déjà l’enfer à venir. Il s’accroche à son livre pour chuchoter « n’y va pas ».

Le lecteur connaît les enjeux. Il sait ce que les personnages veulent et ce qu’ils risquent. Tout doit devenir dramatique. Écrire un excellent thriller demande de gérer le mystère. Le spectateur ne connaît peut-être pas encore l’identité du meurtrier, mais il sait que le héros court à sa perte.

Verrouiller les portes derrière vos personnages

La trame d’un bon thriller est tissée de cycles de tension et de décompression. Le lecteur se noie dans les lignes. Il perd pied, panique et quand tout semble perdu, il sort la tête de l’eau. Il boit une tasse romanesque et recrache à peine qu’on lui enfonce à nouveau la tête sous la surface. Il ne reprend espoir que pour replonger dans le suspense de votre livre.

Si le héros échappe un temps à la pression, les rebondissements ferment successivement les portes derrière lui. Dès lors, sa seule solution reste de prendre de plus en plus de risques et de faire des sacrifices. Mais pour quel résultat à la fin ? L’inconnu nous tient en haleine.

Des révélations permettent à l’histoire d’avancer. Elles clôturent un cycle narratif, et en activent un nouveau. Mais surtout, les révélations compliquent la vie des personnages, elles rendent les choix plus difficiles.

Le hareng rouge est une technique d’écriture parfois utilisée pour créer un cycle de tension. Il s’agit de laisser le lecteur s’imaginer des menaces qui n’en sont pas. Le fossoyeur, équipé de sa pioche, qui vient vous proposer de sortir votre voiture du fossé, sous une pluie battante n’est pas le serial killer. Mais le laisser croire permet d’écrire un chapitre plein de suspense avant de rassurer le lecteur. Puis de lui dévoiler qu'une autre menace est déjà là.

Utiliser des techniques narratives

Pour tenir le lecteur en haleine, l’écrivain pose sur son manuscrit de petites pierres qui tracent la mise en intrigue.

Laisser le lecteur créer ses émotions

Le romancier laisse le lecteur créer ses émotions, il ne dit pas les choses, mais les montre. Il est préférable de ne pas utiliser de « soudain » ou « il avait peur ». Traits crispés, yeux écarquillés, teint livide, le lecteur voit les frissons sur le visage du policier lorsqu’en ouvrant le compartiment réfrigéré de la morgue il découvre que le criminel qui était allongé là a disparu.

Gérer les détails

Les détails permettent aux auteurs d’intensifier leur texte. Quand l’héroïne court sans pouvoir se retourner, c’est le lecteur qui se demande ce qu’il se passe derrière. Quand elle hésite devant l’intersection, le temps s’écoule trop vite. Quand elle transpire, l’odeur n’en devient que plus suffocante.

Mais surtout, lorsque le lecteur trépigne d’impatience, la narration prend son temps. Les descriptions distillent le moindre élément qui peut tendre un peu plus l’intrigue principale.

Développer ses personnages

Plus le lecteur en sait sur les personnages, plus il comprend leur besoin de vengeance ou les valeurs qui les poussent à s’accrocher. Il s’attache et redoute une issue fatale. Il se fait un sang d’encre pour les protagonistes comme pour les antagonistes.

Partir d’un fait anodin

Pour construire une intrigue bien ficelée, il est intéressant de partir d’un fait anodin, mais que tout le monde a déjà vécu. La disparition d’un objet supposé perdu par exemple. On utilise alors le contexte pour rendre progressivement ce fait étrange. Tout se met à disparaître, on les retrouve sur des scènes de crime, les événements rappellent une vieille légende… Alors que le narrateur met en place le suspense du récit, les lecteurs comprennent qu’une toile se tisse autour des personnages principaux.

Créer le suspense dans votre roman

Votre lecteur est arrivé au bout de sa course. Il a fini le roman et pourtant il ne referme toujours pas son livre. Il est abasourdi, chamboulé, nerveux. Votre effet est réussi. Mais le suspense n’est pas réservé aux polars noirs ou aux intrigues policières. C’est une émotion qui s’intègre dans tous les genres littéraires dès lors qu’on sait ce qu’il va advenir, mais qu’on espère un autre dénouement.

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