Conseil écriture

Écrire une préface : les règles importantes

Vous voulez mettre votre livre en valeur, souligner sa subtilité ou simplement replacer le contexte? Découvrez nos conseils pour écrire une préface.

Un lecteur comprend-il toujours le sens d’un livre ? Votre manuscrit est subtil. Vous avez réussi ce tour de force qui consiste à écrire un texte simple en apparence, mais avec différents niveaux de lecture pour celui qui a l'œil. Des messages plus ou moins sous-entendus, des indices ou un contexte littéraire permettent au lecteur de pousser son rapport au livre un peu plus loin. Être un auteur, c’est parfois être un artiste incompris. Et pour éviter ce drame, l’antiquité a imaginé une poignée de paragraphes qui a traversé l’histoire littéraire : la préface. Comment écrire une préface ? Quels objectifs poursuit-elle ? Quel contenu et quelle forme adopter ? Comment l’utiliser pour vendre ? Voici le thème d’aujourd’hui.

Qu’est-ce qu’une préface ?

Le terme préface provient du latin prae (avant) et fari (parler). C’est donc un « discours qui précède le contenu principal ».

La préface constitue une présentation de l’ouvrage. Elle peut mettre en lumière l’auteur, son expertise ou le texte lui-même. Elle attire l’attention sur les particularités du livre et les raisons pour lesquelles il se démarque des ouvrages en apparence similaires. Elle peut souligner la technique d’écriture, le travail de recherche, la manière de développer les personnages ou l’intérêt de l’auteur pour le thème…

Une multitude d’objectifs peuvent dicter le contenu de la préface. Cela peut aussi bien être :

  • D’informer le lecteur sur la genèse de l’œuvre et le contexte de l’écriture. Ce contexte peut désigner la littérature existante ou la situation des personnages comme celle de l’auteur ;
  • De recommander la lecture. Elle aborde alors des aspects critiques et théoriques pour suggérer subtilement au lectorat d’acheter le livre ;
  • De protéger l’œuvre. Il s’agit donc de souligner les limites et lacunes du texte pour prévenir et désamorcer la critique. On parle alors de préface casquée ;
  • De protéger l’auteur. Dans un contexte politique tendu, elle permet de relativiser le contenu. Elle peut préciser qu’il est fictif, humoristique ou qu’il ne reflète pas les convictions de l’écrivain. Elle devient alors un moyen d’échapper à la censure même si l’ouvrage incite à une réflexion bien réelle ;
  • D’asseoir la véracité. Cette forme explique comment le livre traite le sujet. Elle s’accompagne généralement d’informations méthodologiques ou du type de raisonnement suivi ;
  • De justifier un parti pris, un style littéraire ou les motivations d’un essai ;
  • De remercier les personnes qui ont rendu l’œuvre possible. Les mécènes et les muses sont parfois mis à l’honneur dans les préfaces ;
  • D’introduire une anthologie poétique. Dans ce cas, elle explique aux lecteurs le choix des poésies et l’intérêt de la collection de textes publiés.

On retrouve les préfaces dans tous les genres littéraires bien qu’elles ne mettent pas toujours les mêmes éléments en valeur. Selon le contenu et les thèses sous-entendues dans les publications, elle peut annoncer :

  • une utilité documentaire ;
  • une utilité intellectuelle ;
  • une utilité morale ;
  • une utilité religieuse, théologique, sociale ou politique ;
  • l’originalité ou le respect de la tradition ;
  • une unité ou une diversité, notamment dans les pièces de théâtre classique.

L’auteur de la préface change avec les époques. Les écrivains eux-mêmes ou des tiers se livrent ainsi à l’exercice de rédaction. Mais de nos jours, les préfaces se révèlent de plus en plus rares.

Le préambule peut ressembler à la préface. Cependant, il est systématiquement écrit par l’auteur. Par ailleurs, son but n’est plus de vanter discrètement les mérites de l’ouvrage, mais d’éclaircir sa portée.

Dans un récit, le préambule expose des événements passés sans impact direct sur la compréhension de l’intrigue. Il a tendance à diluer la tension dramatique dans un ouvrage unique, mais peut créer un lien dans une série d’histoires qui se déroulent dans un même univers.

Le prologue, pour sa part, est propre au récit. Il paraît se détacher de l’intrigue par sa forme, et en particulier parce que sa mise en page l’isole du reste du texte. Mais le romancier l’utilise pour introduire des informations capitales dans la mise en place de l’histoire.

Comment rédiger une préface

Les méthodes d’écriture abordent relativement peu la préface. Chacun risque ainsi de se voir une nouvelle fois confronté à l’horreur de la page blanche. Voici donc quelques conseils pour écrire une préface.

Choisir un contenu pertinent

Cette petite liste à la Prévert vous permettra de commencer à écrire une préface lorsque vous êtes en manque de contenu. Vous pouvez évoquer :

  • les informations sur la genèse du livre (des biographies, en particulier celle de l’auteur et son enfance, le contexte de l’écriture ou les sources documentaires) ;
  • un commentaire sur le titre ;
  • un contrat de fiction qui souligne l’aspect imaginaire du roman ;
  • l’ordre de lecture pour les recueils ;
  • l’intention qui a incité à l’écriture ;
  • des remerciements ;
  • le genre revendiqué.

Rester concis

Voltaire décrit la préface comme un texte qui devrait être « très court, un peu salé sans quoi les ministres et Madame de Pompadour, les commis et les femmes de chambre font des papillotes du livre ». Une préface dépasse, en effet, rarement 4 pages.

Stéphane Sendral ignore néanmoins le conseil de Voltaire dans son ouvrage Préface à ce livre constitué d’une préface qui introduit simplement… la quatrième de couverture ! À l’inverse, d’autres auteurs font preuve d’un minimalisme extrême en utilisant une simple citation comme préface, si tant est qu’on puisse encore parler de préface.

Préserver le mystère

La préface présente l’auteur, les particularités du texte et les raisons pour lesquelles il se démarque des ouvrages semblables. Il peut souligner le style, le travail de recherche, la manière de développer les personnages et l’intérêt de l’auteur pour la thématique… Si rien n’interdit de s’exprimer sur les personnages ou la trame générale de l’histoire, il est nécessaire de bien veiller à ne pas écrire un résumé ni divulguer l’histoire.

Écrire sans prétention

La préface n’est pas une critique littéraire. Cela constitue le principal piège de l’exercice. Le rédacteur doit capter l’intérêt et la force de l’ouvrage, mais les relater de façon informelle. Il est utile d’écrire librement, comme on donnerait un conseil à un ami. À l’inverse, il serait maladroit de commenter l’écriture du livre de façon trop méthodique.

Faire preuve de subtilité

L’objectif récurrent de la préface est de soutenir les ventes. Et pour que cela fonctionne, il est nécessaire de faire preuve de poésie et d’employer un vocabulaire discret. Si le destinataire vous voit venir, l’effet en sera nettement réduit.

Mettre en valeur le contenu…ou pas

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu le livre pour rédiger quelque chose de pertinent. Bien sûr, si vous souhaitez commenter l’écriture ou le contenu, vous devrez savoir ce qu’il en est.

Cependant, vous pouvez aussi choisir de mettre en valeur l’auteur, son style habituel ou son rapport à la thématique. Dans ce cas, il vous suffira de connaître l’écrivain, pas son livre. Le danger serait alors de préfacer un livre en totale contradiction avec vos valeurs.

Comment faire exploser ses ventes grâce à la préface ?

La préface est avant tout un instrument marketing. Les Grecs et Les Romains l’utilisent depuis l’antiquité, mais c’est au XIIIe siècle qu’elle se généralise avec l’objectif de faire la promotion du genre romanesque.

L’industrie de l’édition modernise la préface au XIXe siècle et XXe siècle pour en faire un véritable argument de vente. C’est ainsi que de nos jours, les best-sellers arborent régulièrement un magnifique autocollant qui indique « préface de… ». Mais si la préface est une marque de fabrique de la maison d’édition, elle se raréfie dans l’autoédition.

Pour donner du poids à votre préface, il est utile de la faire écrire par une tierce personne qui possède une certaine autorité dans le domaine de votre texte. Ce rédacteur qui prend part à la création de votre ouvrage sera souvent ravi d’en faire la promotion auprès de son réseau. Cela peut-être par exemple :

  • un agent littéraire ;
  • un éditeur ;
  • un journaliste ;
  • un spécialiste ;
  • un autre auteur ;
  • un proche.

La structure de la préface et son intention peuvent se rapprocher du résumé de quatrième de couverture bien que, sur le fond, les deux textes divergent totalement.

La préface doit être à la fois informelle et vendeuse. Son auteur peut ainsi faire preuve de style ou travailler plus particulièrement la première phrase pour accrocher le lecteur. Plus généralement, il peut s’inspirer de la méthode AIDA, bien connue des marketeurs. Le texte suit ainsi un cheminement spécifique pour produire successivement 4 effets destinés à piquer la curiosité du lecteur : l’accroche, l’intérêt, le désir et l’invitation…à lire.

De la préface à la conclusion

Vous connaissez maintenant les principaux ressorts de la préface. Il ne vous reste qu’à prendre le temps d’écrire ce petit texte de présentation qui viendra mettre en valeur les petits détails qui font toute la subtilité de votre plume. Un claquement de doigts et votre préface est rédigée…ou presque.

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